28 décembre 2012

Home

Auteur : Toni Morrison
Titre : Home
Traduction : Christine Laferrière
Éditeur : Christian Bourgois
Parution : 2012
Format : 153 pages 

 

Résumé :

Les années 50 sont souvent vues comme une période florissante des États-Unis. Après la Seconde Guerre Mondiale, l'économie capitaliste s'affirme, la télévision fait son apparition.

Toni Morrison nous rappelle que cette époque a également été marquée par la guerre de Corée et la discrimination raciale. 

Nous retrouvons Frank, un soldat revenu de la guerre de Corée, tandis qu'il se réveille à l'hôpital. Pieds nus, sans le sou, il s'évade de l'établissement pour trouver refuge chez un révérend. Ce sera le point de départ de son odyssée au coeur de l'Amérique ségrégationniste, son deuxième champ de bataille.

Frank a reçu une lettre lui annonçant que sa soeur mourra, s'il ne vient pas à sa rescousse. C'est la force du lien qui l'unit à Cee, sa jeune soeur, qui l'accompagnera dans ce voyage risqué et incertain.

Un roman inoubliable sur le courage et la fraternité.

Ce que j'ai aimé :

-Toni Morrison est une inspiration pour moi. Je la trouve tout simplement magnifique. En 1993, elle remportait le prix Nobel de littérature. À 81 ans, elle demeure toujours aussi engagée et son message, toujours aussi vibrant.


-Dans Home, il est question de dignité. Se tenir debout, aller de l'avant. Un fervent manifeste pour la force intérieure qui habite chaque être humain.

-L'écriture de ce roman est précise, épurée et puissante. Au cours du récit, plusieurs images nous bouleversent et dégagent une charge émotive très dense. Certaines scènes se déroulent comme dans un film au ralenti. Par exemple, lorsque les chevaux se dressent sur leurs pattes arrière, on peut imaginer leur grandeur qui se déploie.

-Il y a une tension retenue tout au long du roman, qui ne s'apaise qu'à la fin, lorsque Frank retrouve son chez-soi. Après une traversée en noir et blanc, voici que les couleurs surgissent : le vert des arbres, le rouge du soleil couchant. Le livre se conclut sur le symbole d'un arbre solide, enraciné, malgré la blessure en son centre.

Extraits favoris : 

« Puisque vous tenez absolument à raconter mon histoire, quoi que vous pensiez et quoi que vous écriviez, sachez ceci : je l'ai vraiment oublié, l'enterrement. Je ne me souvenais que des chevaux. Ils étaient tellement beaux. Tellement beaux. Et ils se sont dressés comme des hommes. »

« Ne compte que sur toi-même. Tu es libre. Rien ni personne n'est obligé de te secourir à part toi. Sème dans ton propre jardin. Tu es jeune, tu es une femme, ce qui implique de sérieuses restrictions dans les deux cas, mais tu es aussi une personne. Ne laisse pas Lenore ni un petit ami insignifiant, et sûrement pas un médecin démoniaque, décider qui tu es. C'est ça, l'esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je te parle. Trouve-la et laisse-la faire du bien dans le monde. »

2 commentaires:

  1. Dans ma pile sirop. Un jour je vais y arriver.

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  2. Génial ! Tu vas voir, c'est assez unique comme roman.

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