19 avril 2015

Poésie d'avril


Viens fondre l'azur à nos allégresses brisées
qu'elles revivent d'un feu jamais vu, jamais vécu
viens chanter les canopées salvatrices
guérir expirer nouvelle existence rosée
de tes cendres s'envoler deux fois mieux
les citées enchantées écouteront les battements
de nos ailes accordées

Toile : Norval Morrisseau

4 décembre 2014

Poésie de décembre


La journée commence à s'éteindre. Le souffle de mon existence sera une tige cuite au soleil, le cristal d'une fin. Te voilà où tu entres et je suis là devant ton corps qui apparaît ; nous prenons du temps, sans trop savoir qu'aux noeuds de vie se trouve une fragilité totale. Du bout de nos doigts, ceux avec lesquels nous devrons mourir, il ne me reste que toi.

Olivier Bourque - Le temps malhabile
Toile : Catrin Welz-Stein

27 octobre 2014

Sommeils

Auteur : Olivier Bourque
Titre : Sommeils
Éditeur : Triptyque
Parution : 2014
Format : 48 pages



Résumé :

Les mots me manquent pour vous parler du plus récent recueil du poète Olivier Bourque, Sommeils, tant j'ai éprouvé un coup de foudre pour ce petit bijou. Au coeur de cette méditation heureuse, j'ai découvert un carrousel chatoyant d'images : feuilles, gouttes de pluie, herbes et plumes. Je me suis allongée dans ces rêveries, ouvrant mes bras à ce grand bleu, aux célestes espérances, aux rires cristallins. Chez Olivier Bourque, le corps se délie devant la beauté naturelle, embrasse le cycle des saisons, glisse dans la sobriété aérienne d'un sourire. Magnifique !

1 mai 2014

Poésie de mai


Délicates poussées, imperceptibles nuées, les feuilles sont les voisines audibles d'un sourire. Dehors, toutes les sources dont je veux me souvenir, la magie d'un appel dans mes poumons. Je bouge à peine, j'observe, je sens que le vent pousse l'humidité. Fleurs et puretés, le naturel chaud de l'après-midi étouffe le bruit des voitures.
Sobriété de l'amour.

Olivier Bourque - Sommeils
Toile : Kate Dolamore

21 avril 2014

Poésie d'avril


Quand nous serons couchés côte à côte
dans la crevasse du temps limoneux
nous reviendrons de nuit parler dans les herbes
au moment que grandit le point d'aube
dans les yeux des bêtes découpées dans la brume
tandis que le printemps liseronne aux fenêtres

Gaston Miron - L'homme rapaillé
Toile : André L'Archevêque

2 mars 2014

Poésie de mars


N'aie pas peur maman
La nature me rend meilleur
Parfois le vent vient faire son tour
C'est à ce moment que les feuilles disent des choses
Je fais comme les arbres
J'écoute

Robin Aubert - Entre la ville et l'écorce
Source image : Rebecca Green

10 février 2014

Poésie de février


Il y a des jours errants
Beaux comme des dieux qui ne nous veulent rien
Des jours d'amitié lente où les rêveurs se baignent
Des jours d'automne en sauce dans un fumet d'été
Des jours des jours où l'on ne fait que vivre
Des jours errants où le temps se repose

Christian Vézina - L'inventaire des miracles

25 janvier 2014

Poésie de janvier


les pages sont des pierres
il suffit de les lâcher des yeux
mot après mot
pour qu'elles soulèvent
les fragments de l'âme

plus tard on reprend la lecture
voilà que le jour se dresse sur notre visage
notre corps emporté de nouveau
par de fragiles récits

Isabelle Forest - Les chambres orphelines
Source image : the little fox

6 décembre 2013

Poésie de décembre


Tu es musique
Tes nuages sont sans frontières
Quand ils s'approchent
Leurs odeurs se parfument de brume
Tu danses la pureté des gouttes
Les yeux éteints
Je perçois ta beauté
Tes mélodies

Joséphine Bacon - Un thé dans la toundra

1 octobre 2013

Poésie d'octobre


Sans bout du monde

Vient le jour où la beauté borde notre chemin.
On se penche sur la vie, et aussitôt
on se relève, le coeur tremblant, plus fort
d'une vérité ainsi effleurée.

Vient le jour où l'on pose la main
sur un visage, et tout devient la clarté
de ce visage. Tout se nourrit
du même amour, d'un même rayon de bleu
et boit au même fleuve. Tout va
et vient dans un unique balancement des choses.

Hélène Dorion - Mondes fragiles, choses frêles
Toile : James Tissot

20 septembre 2013

Nœud coulant

Auteur : Michaël Trahan
Titre : Nœud Coulant
Éditeur : Le Quartanier
Parution : 2013
Format : 174 pages

Résumé :

L’imagerie hallucinée et onirique de Nœud coulant ne laisse pas indifférent. Malgré une écriture minimaliste, Michaël Trahan construit des labyrinthes glauques, peuplés de visions furtives. Craquement d’allumette, rayon de lune, une seule lueur suffit pour dévoiler la face cachée des choses. Le poète suggère, tel un magicien de l’étrange, nous laissant autonome face à la beauté surréaliste de son œuvre.

2 septembre 2013

Poésie de septembre


Liminaire

Je suis un fils déchu de race surhumaine,
Race de violents, de forts, de hasardeux,
Et j'ai le mal du pays neuf, que je tiens d'eux,
Quand viennent les jours gris que septembre ramène.

***

Mais les mots indistincts que profère ma voix
Sont encore : un rosier, une source, un branchage,
Un chêne, un rossignol parmi le clair feuillage,
Et comme au temps de mon aïeul, coureur des bois.
Ma joie ou ma douleur chante le paysage.

Alfred DesRochers - À l'ombre de l'Orford
Toile : Marc-Aurèle Fortin

25 août 2013

Était une bête

Auteur : Laurance Ouellet Tremblay
Titre : Était une bête
Éditeur : La Peuplade
Parution : 2010
Format : 96 pages

Résumé :

Laurance Ouellet Tremblay, jeune poète dans la vingtaine, poursuit un doctorat en études littéraires à l'UQAM. Ce premier recueil de poésie lui a valu deux prix littéraires, soit le Prix Découverte 2011 au Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Prix de poésie Radio-Canada 2009 pour une version antérieure de ce texte.

Était une bête évoque l'univers d'une jeune écolière et de sa bête intérieure. Ces deux parties d'elle-même entretiennent un dialogue où la révolte s'oppose à la conformité et au besoin d'appartenance, dans un style ludique et surprenant.

23 août 2013

Poèmes

Auteur : Marie Uguay
Titre : Poèmes
Éditeur : Boréal
Parution : 2005
Format : 216 pages



Résumé :

Ma rencontre avec la poésie de Marie Uguay, comme toutes les grandes rencontres, a découlé du hasard, tant et tellement que je ne saurais la retracer. Je crois que c'est la première fois où je me suis sentie intimement liée à une poète comme à une soeur lontaine que j'aurais retrouvée. Sa sensibilité, sa fragilité et son pouvoir d'émerveillement m'ont rejoint en plein coeur.

Vous savez lorsqu'on voit des rayons de soleil traverser les nuages ? Cette même fascination, attirante et mystérieuse, a été impossible à oublier par la suite. Les couleurs claires, d'aurore rosée et de blanche étendue, d'odeur de mousse et de pluie d'été, c'était si beau, si ancré dans le moment présent. Comme si le temps s'était arrêté. Marie Uguay m'a appris qu'on pouvait véhiculer des sentiments humains par des paysages, que la poésie pouvait ressembler à un miracle.

4 août 2013

Poésie d'août


J'ai pris une habitude.
À chaque matin,
je monte dans un long brin de foin
et je regarde la nature s'éveiller,
s'incliner, boire le soleil.
Et à chaque matin,
je suis ému de voir la nature
entrer sans tapage dans un jour neuf,
un jour qui n'a jamais été vécu,
que personne,
depuis la création du monde, n'a vu,
un jour qui ressemble aux autres,
mais qui n'est pas le même,
un jour neuf avec des minutes neuves
pour des insectes libres,
absolument libres.

Félix Leclerc

23 juillet 2013

Poésie de juillet


Nocturne

Comme il fait bon d'être plusieurs quand il fait noir,
Et que nous subissions l'influence du soir,
Rêveur, chacun de nous écoutait sa pensée
Par le même silence intimement bercée.
La nuit mélancolique épanchait sa douceur
Avec un caressant geste de grande soeur,
Et nous voyions passer dans l'ombre transparente,
De temps en temps, soudaine, une étoile filante.
Le firmament d'été fourmillait d'astres bleus
Irradiant l'éther d'éclats miraculeux.

 Albert Lozeau - Le miroir des jours
Toile : Jean-Paul Lemieux

20 juin 2013

Poésie de juin


Sensation

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud - Poésies
Toile : Julien Dupré

10 mai 2013

Le temps des confettis


Mon pommier est en fleurs ce matin. J'aime tellement cette période de l'année. En ce vendredi matin ensoleillé, j'ai eu envie de vous offrir un petit poème fleuri. Depuis que j'ai lu la poésie de Marie Uguay, elle m'habite et je la transporte avec moi, comme une robe de confettis.

des papillons de nuit se collaient aux lampes
et des pommiers fleurissaient sur la crête des vagues
lorsque tu dors tu te tiens si loin
du déversement de ma contemplation

Autoportraits - Marie Uguay

2 mai 2013

Poésie de mai


je ne savais pas les mots pour dire la saison
j'ai simplement lâché des cerfs-volants
qui portent la couleur de tes robes

les enfants sautillaient, t'en souviens-tu,
le feu dans tes cheveux
allumait soudain les terres lointaines

et je suis venu vers toi conter
l'histoire des passions simples

Rodney Saint-Éloi - J'ai un arbre dans ma pirogue
Toile : Earl Etienne

1 avril 2013

Poésie d'avril



l'oreille heureuse
perçoit la respiration
que devient le vent
quand il sort de la terre
offerte dans avril



nos gestes s'entrouvent
avec le déploiement des matins
avec l'attente émerveillée
des racines et des eaux souterraines
et s'écoulent comme des rivières

Marie Uguay - Signe et rumeur