15 avril 2014

Sorray, le retour au monde

Auteur : Gérard Duhaime
Titre : Sorray, le retour au monde
Éditeur : Triptyque
Parution : 2014
Format : 222 pages

Résumé :

Dans son premier roman, le sociologue Gérard Duhaime nous convie à une rencontre avec le peuple inuit, qu'il côtoie depuis une trentaine d'années. Malgré son caractère fictionnel, ce roman s'inspire grandement de la réalité des communautés autochtones du Grand Nord. L'auteur aborde des problématiques sociales comme la violence conjugale ou la pauvreté, en s'intéressant aux chemins intimes, aux états d'âmes des gens. Il en ressort une profonde compréhension des liens qui les unit. Avec une écriture douce et réaliste, Gérard Duhaime nous livre une histoire porteuse d'espoir et ancrée dans le territoire.

Ce que j'ai aimé :

« Dans ce pays, on apprenait ainsi à vivre comme on apprenait à chasser : on observe longtemps, on regarde patiemment et on finit par comprendre soi-même ce qui ne peut s'apprendre par la seule parole. Un jour, on sait chasser. Un jour, on sait la nécessité du partage. Un jour, on sait ce qu'il faut faire pour changer les choses. »

Willie, un petit garçon bouleversé par la mort de sa mère, sera recueilli par Lucassi, le propriétaire du magasin général, et Sorray, une jeune scientifique arrivée au village pour étudier la migration des plantes. Grâce à eux, Willie apprendra à refaire confiance au monde des adultes, pour lui synonyme d'abandon. Ensemble, ils devront faire face à des vents contraires, reliés à une disparation inexpliquée et à des affaires de corruption, afin d'assurer le bien-être de la collectivité.

Le roman tend la main au présent, mais crée aussi des correspondances avec les traditions ancestrales. On ressent la venue de la saison lumineuse, alors que le thé se réchauffe lentement sur le feu et qu'un vent de liberté souffle sur les journées passées dans la toundra. Ces descriptions transmettent la vastitude et la beauté des lieux. Mais, plus que tout, c'est l'humain qui viendra nous toucher. Sorray, Willie et Lucassi évoqueront à leur tour le statut des femmes, l'avenir des jeunes, les enjeux environnementaux plus qu'aucun article savant ne pourrait y parvenir. En ce sens, Gérard Duhaime a réussi son pari de nous parler de ce peuple méconnu, avec des mots simples et authentiques.

Extrait favori :

« Ils savent que l'intangible bonheur ne repose pas sur des apparences, mais sur la réalité des êtres. Il ne fait pas plus chaud dans un palais que dans une cabane remplie d'amour, où des bras consolent les peines. Les banques n'y peuvent pas grand-chose. »

Lu dans le cadre de La recrue du mois


Challenge Amérindiens chez Lili


4 commentaires:

  1. Je l'avais noté chez Lucie, tu en confirmes l'intérêt.
    Le Papou

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    1. C'est une très belle histoire. J'espère que ça vous plaira ! :)

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  2. Tu me tentes énormément ! Le propos et la langue ont l'air particulièrement touchants et poétiques. Et ce que tu dis dans ta chronique m'interpelle particulièrement : "Le roman tend la main au présent, mais crée aussi des correspondances avec les traditions ancestrales." Magnifique ! Je vais aller le chercher, tiens !
    Merci aussi pour cette première participation au challenge amérindien ! Peux-tu par contre mettre le logo du challenge à la fin de ta chronique ?
    Merci et à bientôt ¨¨**

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    1. C'est ajouté ! Merci pour le rappel, Lili :)

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