3 septembre 2014

Je suis là

Auteur : Christine Eddie
Titre : Je suis là
Éditeur : Alto
Parution : 2014
Format : 160 pages

Résumé :

Christine Eddie nous offre ici une histoire remplie de compassion. Elle laisse la parole à Angèle, une jeune femme dont la vie a basculé à l'âge de 35 ans, peu après la naissance de ses jumelles. Cet événement des plus heureux a été suivi d'un drame immense. L'auteure aborde ce sujet difficile avec la plume qu'on lui connaît, si douce et humaine. Après Les carnets de Douglas et Parapluies, c'est un réel bonheur que de parcourir son troisième roman, tout aussi émouvant et généreux.

Ce que j'ai aimé :

Ce petit bouquin dégage un sentiment altruiste, qui donne confiance en l'être humain et fait vraiment du bien. Dès le départ, dans ce récit écrit au « je », Angèle utilise des tournures de phrases qui nous la rendent immédiatement sympathique. On s'attache rapidement à sa personnalité, à son humour et au regard bienveillant qu'elle pose sur son entourage. Les passages sur la maternité ainsi que les moments avec Doris, son aide-soignante, sont particulièrement touchants, car la tendresse et l'imaginaire transcendent l'état d'immobilité d'Angèle.

Au fur et à mesure que la narration progresse, on en apprend plus sur son destin : ses études en bibliothéconomie, la rencontre avec son amoureux, son déménagement à Shediac et sa paralysie. Sa prose volubile contraste avec sa difficulté d'expression dans le monde réel. On comprend sa résilience, l'importance de la chaleur humaine qui l'entoure et qu'on retrouve bien présente dans les dialogues parsemés de mots acadiens. Puis, on sort de cette lecture la gorge nouée, regardant autour de soi pour mieux capter les teintes du dehors, la force tranquille des rêves. Un très beau livre plein d'espoir !

Extrait favori :

« On dit du violoncelle que c'est l'instrument dont le son se rapproche le plus de la voix humaine. Pendant que mes filles se fabriquaient dans mon ventre, je posais doucement le manche dans ma main gauche et je collais la table sur leurs oreilles pour leur parler de Beethoven avec mon archet. Dans dix ans, dans trente ans, elles sursauteront en entendant une sonate. Elles s'arrêteront un moment en se demandant pourquoi elles croient reconnaître un mot d'amour. Le coeur immédiatement détendu, elles penseront peut-être à moi et ça les fera sourire. »

Lu dans le cadre de Québec en septembre


12 commentaires:

  1. Décidément il faudrait bien que je découvre cette auteure!

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    1. C'est une auteure formidable, car ses livres sont porteurs de sens et transmettent une vision positive du monde. C'est précieux ! :)

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  2. Je rêve de lire Parapluies et j'ai bien noté la sortie de celui-ci, j'espère que je trouverai les deux au prochain Festival America !

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    1. Je te le souhaite ! Ça semble très chouette comme festival :)

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  3. J'avais plus que la gorge nouée, j'ai pleuré pendant 10 minutes!!!

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    1. Je te comprends, la fin est tellement poignante ! J'étais dans un autobus voyageur, alors j'ai dû me garder une petite gêne ;)

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  4. Très bientôt en main. J'ai vraiment hâte,

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    1. Oh oui, je crois que tu l'aimeras ! On s'en reparle :)

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  5. Je compte bien le lire pour le mois québécois! Étant donné mon boulot ça risque de m'interpeller!

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    1. J'ai hâte de lire ton avis ! Sa détermination à s'exprimer te rejoindra assurément. Quelle leçon de courage !

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  6. J'ai adoré les deux premiers romans de cette auteure, j'ai hâte de lire celui-là :-)

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    1. Alors, il est pour toi :) Bonne lecture, chère Yueyin !

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